Paroles de participants

Marie-Laure B.
Atelier de théâtre « Ara » pour les retraités de la ville d’Arpajon 91.
« Un jour, je me suis inscrite à un atelier théâtre, un vieux rêve. Je voulais tester ma mémoire, apprendre à sortir de moi des personnages. J’ai appris beaucoup d’autres choses.
Sous la férule d’une comédienne professionnelle enthousiaste et pédagogue j’ai découvert les techniques de respirations et de relaxation, l’improvisation, et surtout à faire confiance à autrui et à moi-même.
Nous avons formé ainsi un groupe d’amis, presque une troupe, unis par la même passion.
Si vous êtes tenté, n’hésitez pas, un atelier théâtre vous apportera beaucoup de joie.
 »

Pierrette Berthelot
Atelier théâtre de femmes monoparentales « la troupe des M.5 », Les Ulis, 91
« Ça permet de se découvrir, on croit qu’on ne peut pas et puis on découvre que ça peut se faire avec le travail de scène, et on arrive à quelque chose de sympathique. Au bout d’un moment, on peut être plus sûre de soi, et quand on a des questions de trouver comment les poser, de lier des amitiés, de découvrir ce que l’esprit peut faire. L’atelier théâtre ouvre aux femmes quelque chose qu’on ne connaissait pas. »

Paroles de professionels

« Trouver sa place dans le groupe, dans le respect de sa différence et de celle de l’autre… » Sylviane Éducatrice au SAIS, foyer d’accueil pour adultes handicapés à Grigny 91
Durant 5 ans, en fonction d’éducatrice dans un service d’accompagnement accueillant des adultes présentant une déficience intellectuelle et/ou des troubles psychiques, j’ai collaboré avec Blandine Molinier dans le cadre de l’animation d’un atelier théâtre.  
Blandine, animatrice professionnelle du théâtre, a su par son écoute, son humour et son intégrité, créer une dynamique de groupe basée sur le respect. 
En effet, Blandine, soucieuse de répondre aux besoins de chacun, prépare, anime et adapte les séances en fonction des difficultés et potentialités de chacun. Chaque participant peut ainsi trouver sa place, tel qu’il est, dans le respect de la différence de l’autre. 
Cette expérience me fait dire que malgré l’expression « personne n’est indispensable », l’animatrice a son importance dans la construction d’un groupe, nous ne pouvons pas retrouver la même dynamique dans un groupe animé différemment. 
Le groupe se construit donc dans le non jugement et je sens chaque participant à l’aise. Bien sûr, parfois des moments difficiles interviennent : mal être d’un participant, incompréhension, il s’agit de recentrer le moment dans un rappel de l’objectif du pourquoi nous sommes présents à cet instant, à savoir partager un moment de détente et de plaisir avec son humeur, ses préoccupations, ses envies, … Nous nous détachons des soucis, nous les retrouverons suffisamment tôt.
Donc, exercices d’expression corporelle et vocale,, improvisations, …, chacun s’exprime avec ce qu’il est et surtout ose, s’autorise et prend conscience de ses difficultés et ses capacités, les fait partager au groupe. Quel courage ! Quelle leçon de vie nous donnent-ils ! 
Les voilà prêts à partager ce qu’ils ont appris : préparation, stress, trac mais surtout revalorisation, la troupe des rigolos (nom choisi par les acteurs) existe et donne un sacré moment de plaisir à son public. 
Ce résultat est le fruit d’un travail important, difficile, consciencieux.
Merci Blandine, j’ai été ravie de te rencontrer, d’avoir vécu cette expérience dans mon parcours professionnel..

« La fiction est un territoire où on peut se dire autrement… » Nadine Gabin – Psychanalyste
L’intérêt de l’art-thérapie ne se trouve pas dans le fantasme que les personnes en souffrance psychique trouveraient dans des productions esthétiques une sorte de divertissement propre à les soulager.
Le travail avec Blandine Molinier, avec laquelle j’ai collaboré dans le cadre de prises en charge d’adolescents dits « difficiles » nous était précieux pour ce qu’il offrait d’alternative aux cadres thérapeutiques ordinaires. En effet, il arrive souvent que la situation des patients (âge, intensité des douleurs, résistances des blocages etc.) empêche la relation de parole et à fortiori le transfert nécessaire à l’accompagnement psychologique. La médiation par la production d’œuvres, la mise en scène, permet au sujet de se décaler un peu et de trouver ainsi l’espace pour l’expression. La fiction est un territoire où peut se dire ce qui autrement resterait ignoré parfois d’ailleurs du sujet lui-même. L’art-thérapie est ainsi une issue offerte pour un sujet qui ne peut plus risquer sa parole directe mais dont le dire doit absolument être aidé : les ateliers offrent à ce dire une occasion bien gardée de s’énoncer et de s’élaborer.

 
« Mettre en jeu ses gestes et ses compétences sur scène pour rendre possible un transfert de talent aux apprentissages » Nathalie Najman, professeur d'Histoire-Géographie au collège Sonia Delaunay Paris, responsable du projet « Prométhée, un héros pour soi-même » remédiation des apprentissages pour une classe de 6e
"Se confronter autrement au cadre, à la règle, aux interactions entre pairs et mettre en jeu les gestes et compétences permettant d'entrer dans les processus d'apprentissage scolaire... voilà ce que mes élèves, souvent à leur insu, ont pu éprouver pendant tout un cycle d'initiation à l'improvisation avec Blandine Molinier. De notre dialogue sur la façon d'être au théâtre de chacun, certains ont pris conscience du possible transfert de leurs talents sur scène aux situations scolaires, tandis que des aides plus individualisées ont pu être proposées à d'autres. Du rire, des doutes, un autre regard porté sur soi à travers l'autre. Une expérience riche en enseignements."

« Improviser pour inventer la relation avec l’autre… » Rachel Beaulieu éducatrice spécialisée, foyer d’accueil de l’Aide Sociale à l’Enfance Montreuil 93
C’est en qualité d’éducatrice spécialisée et référente psycho-éducative que j’ai eu la chance de collaborer avec Blandine MOLINIER. 
L’association dans laquelle nous exercions accueille des adolescents et des jeunes majeurs en rupture sociale et familiale, orientés par l’Aide Sociale à l’Enfance de la Seine-Saint-Denis et par le Tribunal pour Enfants de Bobigny.
Cette dernière répond à une demande des tutelles face à ces jeunes en grande rupture, connaissant des troubles du comportement et des périodes de crise et de violence.
Dans le cadre de ce dispositif, nous rencontrions des adolescents  souffrant de conduites addictives, de désordres de la relation sociale.
Blandine animait un atelier théâtre permettant un espace d’expression tant orale, corporelle que écrite. Blandine a cette passion du théâtre et de la rencontre avec l’autre qui fait de son atelier un véritable lieu d’expression de ces enfants en souffrance. Les jeunes étaient soutenus par la rigueur du média théâtre et par l’accompagnement d’une professionnelle à l’écoute. Sa connaissance de la psychologie et son intérêt pour la psychanalyse ouvrait à des échanges tant avec les jeunes qu’avec les professionnels d’une grande richesse. Elle nous montrait une importante capacité à improviser pour interpeller les jeunes et elle pouvait les emmener à composer, a jouer et a rencontrer du plaisir à exprimer toute sorte de sentiments.
Dans un espace où la violence parfois physique et souvent psychique était quotidienne, Intervenante solide, un repère pour des enfants en manque d’encrage. Elle n’a jamais hésiter à accompagner leur douleur.
Blandine utilisait son atelier comme un outil dans la construction d’un travail commun : un espace thérapeutique.